L’accompagnement des cadres demandeurs d’emploi

L’accompagnement des cadres demandeurs d’emploi

15 avril 2015 - 12 h 51 min
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Les cadres sont un public comme les autres voilà les constats des pouvoirs publics et de pôle emploi qui peine à prendre en compte leurs spécificités : « C’est un public exigeant, difficile, pas toujours aimable et loin d’être dans la détresse financière ». « Les allocations durant 2 ou 3 ans pour les + de 50 ans sont bien plus élevées que pour le commun des demandeurs d’emploi, jusqu’à 6600 €, et c’est loin d’être la catégorie sociale la plus touchée par le chômage ». Voilà ce que l’on peut entendre assez fréquemment.

Néanmoins c’est la catégorie dont le pourcentage de demandeurs d’emploi a le plus augmenté de 2008 à 2012, et plus les cadres sans emploi sont âgés plus ils subissent un chômage de longue durée.

Un accompagnement est nécessaire pour tous les demandeurs d’emploi mais pourquoi des actions spécifiques pour les cadres ?

Retrouver la confiance perdue, se restaurer narcissiquement.

Le chômage est vu sans doute par les cadres comme plus traumatisant que pour d’autres populations, la chute se fait de plus haut : une sorte de déchéance, une réelle perte de statut social. La courbe du deuil est parfois longue pour arriver ne serait-ce qu’à l’acceptation de cette situation. Parfois au bout de 2 ans le deuil n’est pas terminé, pour peu que le traumatisme ait été fort et que le sentiment de victimisation perdure. Les blessures sont profondes, Les doutes importants, la remise en cause de ses capacités provoquées par une mise au placard, un burn out, fragilisent durablement. La rupture conventionnelle masque souvent un licenciement, pour restructuration, réorganisation des services, placardisation.

Ce premier travail est sans doute le plus long, le plus difficile à réaliser, or il est fondamental. On peut être doté des meilleurs outils opérationnels mais sans la confiance et l’estime de soi ils ne serviront à rien. Vous arriverez bien en short liste, mais c’est le mieux que vous pourrez faire, on n’embauche pas quelqu’un qui ne croit pas en lui, surtout un cadre.

Se resocialiser.

Travail perdu, image de soi négative, perte de l’estime de soi, on s’enferme vite. Surtout que l’on n’a pas l’habitude de passer sa journée à la maison. La vie de fée du logis est loin d’être facile et se retrouver seul, face à son ordinateur pour refaire son CV, sa lettre de motivation, ses recherches, contribue à vous enfermer encore plus. Être cadre c’est animer une ou des équipes, le relationnel est une constante de sa vie professionnelle. Mais la recherche en solitaire est peu productive, en plus le temps n’est pas l’allié du demandeur d’emploi. Une longue période de chômage démotive et rend moins efficace, d’où l’impérieuse nécessité de partager, d’échanger, de retrouver une écoute, des préoccupations communes, qui seront bien différentes des conseils de l’entourage certes bien intentionnés mais plus incantatoires qu’utiles et souvent culpabilisants.

Se recentrer sur ses valeurs et sa quête de sens.

S’interroger sur l’opportunité d’une reconversion professionnelle, appréhender ce que l’on ne veut plus faire dans le cadre d’une nouvelle activité, Changer complètement d’orientation, sont des éléments, pour peu qu’ils correspondent à ses valeurs et qu’ils puissent être validés par des tiers attentifs et qualifiés qui vont être à même d’entrainer un regain de confiance. C’est une projection encourageante vers l’avenir que l’on a à nouveau le sentiment de maîtriser (et il y a beaucoup de choses à dire sur le sentiment de maîtrise dans le cadre d’une recherche d’emploi). Se retrouver en mode projet permet de se remobiliser et d’adopter un nouveau point de vue. Cette décentration encourage le changement. Creuser cet aspect des valeurs est fondamental dans une recherche.

Disposer d’une méthode et d’outils opérationnels cohérents et efficaces.

Trouver un travail, c’est un vrai travail qui demande un apprentissage, de la méthode, de la rigueur. Certes Internet est bourré de conseils, il suffit de taper « recherche d’emploi » et l’on va trouver des milliers de pages, des centaines de méthodes, toutes aussi efficaces les unes que les autres. Mais laquelle prendre ? Comment savoir si en utilisant celle-ci ou celle-là on sera plus performant ? Celles éprouvées, logiques, mais simples sont souvent les meilleures. Avoir de la visibilité, savoir où l’on va et comment y arriver, travailler par étape, reste le meilleur moyen.

J’applique ce suivi et ces méthodes avec succès depuis plusieurs années.

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